Monstre : du lat. monstrum (de monere «avertir, éclairer, inspirer»), terme du vocabulaire religieux «prodige qui avertit de la volonté des dieux», par suite «objet de caractère exceptionnel ; être de caractère surnaturel »
Je veux rendre au monstre sa nature première de prodige, de signe divin. Que ce soit dans mon travail photographique comme dans la peinture ou la sculpture, je vise une forme de recherche anatomique. Je saisis le corps et le destructure en le mêlant à des éléments métalliques, urbains, machiniques. L'idée est de pousser à la corporéité dans ses retranchements pour étendre, via l'érotisme, le sentiment de vie jusque dans les plus lointaines limites. La rouille est la métaphore de cela, en tant qu'elle est non pas le signe d'une corruption, mais bien plutôt la transformation du minéral en matière organique, en viande désirante.
Je puise dans différentes formes de mythologies et de rapports au sacré pour composer mes œuvres. J'ai une passion profondément ancrée pour la sculpture de la Renaissance et toute la dimension anatomique et religieuse-mythologique qui s'y rattache. J'ai grandi entouré de statuettes animistes et de masques d'Afrique de l'ouest.
Mes sculptures sont autant des objets rituels magiques que des jouets faits sur mesures pour un enfant ayant grandi avec des BD (autodidacte, j'ai d'abord appris à dessiner en recopiant des comics) et dans des vidéo clubs. Le cinéma a une influence majeure sur la manière dont je matérialise mes obsessions. Je suis constitué à 70% de films. Le cinéma est la matière la plus proche du rêve. Mes photos sont des photogrammes tirés de ces rêves. Ces clichés-songes se composent de collages de corps illuminés et d’organes urbains reconstruits. Si je devais qualifier mon style, je parlerais d'érotisme industriel magique.
Des dieux naissent dans le goudron
Galaxie brillante de reflets de néons
La Nuit ne tombe pas, elle se lève !